samedi 18 février 2017

n i H i l


© Honoré / Camus

Magazine littéraire, n° 279, juillet-août 1990, « Le nihilisme », p. 26

lundi 13 février 2017

Hah... Wooh...

Le fait le plus remarquable est l’existence d’un verbe « ne pas être » : Wooh, différent du verbe « être » : Hah (je me permets de rappeler ici que dans le n° 1 des Subsidia Pataphysica, j’ai proposé d’adjoindre au lexique français des mots négatifs formés par la préfixation de la lettre n dans le cas d’un vocable commençant par une voyelle ; ainsi « nêtre » pour « ne pas être ». Hamlet dirait : « Être ou nêtre, voilà la question », ou encore : Hah… Wooh… ; mais Lewis Carroll ne donne pas les équivalents de « voilà » et « question » en langage chien).




De quelques langages animaux imaginaires et notamment du langage chien dans « Sylvie et Bruno »
Raymond Queneau 
L’Envers / L’Herne (1971, 32 pages)

[p. 12-13]

jeudi 9 février 2017

33


Autobiogre d’A.M.75, précédé de Hervé et suivi de
Hachette POL,
collection dirigée par Paul Otchakovsky-Laurens
1980, 120 p.



samedi 4 février 2017

mercredi 25 janvier 2017

Diptères



De tous les enculeurs de mouches,
celui-là était un tireur d’élytres.


Un jugement de Belzébuth

MMXVI, 8 p., couverture rempliée (15 ex.)



vendredi 20 janvier 2017

[ fanilibarbo ]

sur ://i-voix.net/

pour ta lecture de H ! Hasch ! Hache !

ici :   http://i-voix.net/2016/12/fanny-lit-barbaut.html

Fanny, je te dis : Merci ! trois fois

je te délivre un 19/20

>>> merci aussi à toutes et à tous




jeudi 19 janvier 2017

incipit

Фo

11. 8. 75     Il faut bien vivre, alors je vais bientôt écrire un nouveau graphe, pacifique, retour à Aristofantasme quand on aiguise les couteaux les saucisses, la mortadelle au cœur architectural de ces vieilles maisons vieilles rues d’Athènes vivre dans sa poussière les nuées
_________________________________
Ô mes amis, songez à l’ancienne manière de vivre, aux figues sèches, aux figues fraîches, à ces myrrhes, au mou flatteur, à la puissance des violettes près de la source sauvage, les oliviers de craie et de lune.
La Paix, I, 10 
_________________________________

Phanées les nuées se nommera ce livre 
On y retrouvera le Prométhée que je n’arrive pas à finir, la guerre d’Espagne (qui me demeure si étrange, Souvenir d’enfance peut-être), ma lecture du monde jour après jour, période et grandes périodes, — emboîtements, échelles de temps, …

__________________________
Hachette P.O.L, 1981, 312 pages
(page 9)


Hubert Lucot
(1935 - 18 janvier 2017)

mardi 17 janvier 2017

Princesse Anthracite

   Si je crois que l’excitation sexuelle est un « état second », analogue à celui dans lequel le cannabis plonge la brigade des stupéfiants, je crois également que la beauté de l’Africaine aux Yeux Noirs comme l’Espace, aux Sourcils noirs comme des Plumes de Geai, aux Cheveux noirs comme des Flammes
   est un phénomène hallucinatoire, une « ruse de la Nature », le subterfuge dont se sert l’Espèce pour se perpétuer.
   Sans en avoir pleinement conscience, je prive de sa valeur le concept de la beauté, de la sienne le concept de l’amour : chose plus lugubre encore, si possible, je me figure que je suis lucide uniquement lorsque je ne suis pas excité, ce qui veut dire que je qualifie de « pathologique » l’inspiration, l’extase et tous les états de conscience analogues.
   J’en conclus que seul est normal l’état dans lequel me place le fisc quand il m’envoie une lettre comminatoire, que la femme à qui l’orgasme révèle le sens de la vie est gravement névrosée et que la Lumière vermeille est une invention de mon excessivement primitive mentalité.
   Selon la Négresse, il va sans dire que l’excitation, l’inspiration, l’extase et les états analogues représentent l’Anorme dont l’état ordinaire est la Norme. Autrement dit, ils représentent la minorité qui, dans un régime démocratique, possède le droit de juger la majorité, de la réprouver ou de l’approuver.

Charles Duits
La Seule Femme vraiment noire (p. 254)
(avec une préface de Juste Duits, éditions éoliennes, Bastia,
400 pages, 2016, 400 exemplaires)



jeudi 12 janvier 2017

trépied

Il vaut mieux ne pas confondre
Pierre Molinier
(1900 Agen-1976 Bordeaux)


avec
Carlo Mollino
(1905 Turin-1973 Turin)


vendredi 6 janvier 2017

archives sonores


« Le Coup de cœur », d'Anthony Bellanger :

H ! Hache ! Hasch ! de Jacques Barbaut


France Inter, mardi 21 juin 2016 (durée : 3 min 25)

mercredi 4 janvier 2017

J’en bave...



— dépêche —


Argot ? Est-ce qu’argot ?

dimanche 1 janvier 2017

frais du jour

L’étoile reprend sa place majeure entre les sept planètes de la fenêtre dont les feux s’atténuent pour l’imposer comme la pure cristallisation de la nuit. Dans le seul angle qui restait encore muré de ténèbres, les griffes de mille lynx lacèrent tout ce qui empêchait de voir, dégageant un arbre le long des branches duquel elles se fixent et dont le feuillage est d’un vert si fascinant qu’il paraît fait des yeux de ces lynx mêmes. J’attends que tout soit rendu à sa sérénité première. La jeune femme continue à incliner sur la terre et sur l’eau ses deux vases, le dos tourné à l’arbre épineux. Mais imperceptiblement la scène tourne… que se passe-t-il ? 

André Breton


lundi 26 décembre 2016

ça m’emballe !


Fish (Still Life), Robert Mapplethorpe, 1985

dimanche 18 décembre 2016

D’ la dynamite !

Jacques Barbaut n’est pas un écrivain ordinaire. […]





****************************************************


N.B. (ou point d’orgue) : Cher Alain Helissen, HiroshimA, soyons exact, ne fut point une bombe « H » (ce que jamais je n’ai écrit, H ! Hache ! Hasch !, p. 87), mais bien une bombe « A » (A As Anything, p. 80), question de juste initiale…



lundi 12 décembre 2016

mercredi 7 décembre 2016

lamellibranche

« J’ai montré en son temps que l’huître à gober qui s’évoque de l’oreille que Bel-Ami s’exerce à charmer, livre le secret de sa jouissance de maquereau. Sous la métonymie qui fait muqueuse de cette conque, plus personne de son côté pour payer l’écot que l’hystérique exige, à savoir qu’il soit la cause de son désir à elle par cette jouissance même. »
Jacques Lacan, Radiophonie (1970)
source : « Po(l)issonneries »


La Mangeuse d’huîtres (détail), James Ensor (1882)


« À l’intérieur l’on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d’en dessus s’affaissent sur les cieux d’en dessous, pour ne plus former qu’une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l’odeur et à la vue, frangé d’une dentelle noirâtre sur les bords. »

                                                                       Francis Ponge, Le Parti pris des choses





mercredi 30 novembre 2016

IV


                    Quatrième instruction transmise par Raymond Roussel à l’agence Goron pour Henri(-Achille) Zo, aux fins d’illustrations des Nouvelles Impressions d’Afrique (Lemerre, 1932) :

                    4. Un homme sortant une fleur sèche d'un livre.

« Indications pour 59 dessins »

jeudi 24 novembre 2016

limbique



D. G. : Alors, l’immortalité de l’âme aujourd’hui ?
P. G. : Qu’est-ce que c’est l’âme ? Quand vous avez connu le coma comme moi, après vous vivez dans cette terreur qu’il y ait quelque chose après votre mort. Et je pense que l’âme, ce n’est pas drôle. Je ne crois pas au paradis, mais j’ai peur des limbes. On revient dans cet état où on était bébé, fœtus, peut-être. On redevient une espèce de fœtus dans je ne sais quel ventre colossal, avec des quantités d’autres. Un ventre rabelaisien, un ventre monumental. 
D. G. : Quand on était dans le ventre de sa mère, on n’en était pas conscient. Est-ce qu’on sera conscient après ? 
P. G. : Je vis dans cette peur. En même temps, je m’en moque et j’ai très peur qu’il y ait quelque chose après. Le sommeil éternel, je n’y crois pas beaucoup. J’ai connu l’avant-mort, j’ai mis un pied dedans et je pense que tous ceux qui l’ont connue sont dans les mêmes dispositions, parce que, s’il y a quelque chose, ce ne peut être que terrifiant. Terrifiant parce qu’on ne connaît pas. Terrifiant comme les mathématiques. Mais, là aussi, il faut avoir confiance dans ce qu’on ne connaît pas. Néanmoins, j’ai peur.

Pierre Guyotat, Humains par hasard. Entretiens avec Donatien Grau
Gallimard, « Arcades », 256 p. (p. 89-90)

mercredi 16 novembre 2016

X



in


Poème

Théâtre Typographique — TH. TY.

(2007, p. 149)

dimanche 13 novembre 2016

VV



                   Vingt-huitième instruction transmise par Raymond Roussel à l’agence Goron pour Henri(-Achille) Zo, aux fins d’illustrations des Nouvelles Impressions d’Afrique (Lemerre, 1932) :

                    28. Un homme assis à une table où pose verticalement un livre dont il écarte deux feuillets non coupés pour y lire un passage.
« Indications pour 59 dessins »

jeudi 10 novembre 2016

mantra

Et Trump parsi, & Trump parla :

— Trump ! Trump ! Trump !

mercredi 9 novembre 2016

en accès incomplet, libre et gratuit


in

Sans Titre
roman
Sillages/Noël Bandin
1987, 192 p.

fragmentairement consultable ici :





(appel à un éditeur inconscient...)

jeudi 3 novembre 2016

les points cardinaux

Les thèmes des quatre derniers livres en lice pour le Goncourt appartiennent à un registre sombre :

— infanticide pour Leïla Slimani,
— suicide pour Catherine Cusset,
— cannibalisme pour Régis Jauffret,
— génocide pour Gaël Faye.


(la presse du jour)

jeudi 27 octobre 2016

h O b O



le hobo prend le train en route
ailleurs il fume peinard son fin havane
si j’en crois la pluralité des mondes possibles de
                  Lewis

dimanche 23 octobre 2016

Appel à la désobéissance civile !



Construction — en forme de coupole ou de dôme — en neige servant d’habitat à certains groupes proches du pôle nord, montée par superposition de blocs de neige compacte, sur un plan circulaire.
***
Selon les réformes orthographiques de 1990, le mot « igloo » s’écrit désormais « iglou ».
Citons : « Entre ces deux formes qui existent en concurrence, on choisit la forme plus française iglou. »

***

Vu le schéma qui symbolise idéalement l’igloo — un petit « o » inclus dans un grand « O » —, et considérant que peu d’habitants de l’Hexagone privilégient ce mode de domicile assez spartiate, nous choisissons logiquement la forme la moins française et n’écrirons — quitte à en assumer toutes les conséquences légales — jamais ce mot que sous cette seule forme, disons « exotique » :

Igloo.

________
Nota bene

1/ Alors que certains de nos contemporains voudraient le prononcer tel, nous n’écrirons pas davantage « zou » !

2/ En revanche, si tu tombes ou t’effondres dans un trou de glace, va pour :

— I glou, i glou, glou, glou…



Avant la définitive fonte des glaces,
contre le réchauffement de la planète et le grand hiver nucléaire,
rejoignez
le Mouvement international pour le rétablissement
dans ses justes formes orthographiques de l’igloo !

lundi 17 octobre 2016

bibliothèque-Soutine


Garde, Mes années avec Soutine
« souvenirs présentés par Jacques Suffel »
Denoël / « Les Lettres Nouvelles »
collection dirigée par Maurice Nadeau
1973, 152 p., jaquette  



Olivier Renault, Rouge Soutine
La Table Ronde, « La petite vermillon »
2012, 160 p.


roman, traduit de l’allemand par Laure Bernardi
Le Bruit du temps
2016, 272 p., jaquette, couverture rempliée


jeudi 13 octobre 2016

marque-page



Félix Vallotton
Le Repos
(détail)
1911

samedi 8 octobre 2016

requin-marteau



Chema Madoz



ou poisson « si »
(vous préférez)

mardi 4 octobre 2016

l’art de naguère


les « pense-bêtes idiots »


de Daniel Cabanis




dimanche 2 octobre 2016

rectHO / versOH


anneau pour clés / carton découpé


vendredi 30 septembre 2016

lundi 26 septembre 2016

réduction

Quant à ma première plume, c’est une tout autre affaire ! Pour vous rendre sensible cette lenteur, presqu’incroyable, du tempo de l’écriture, je prends un exemple qui est à mes yeux particu-lièrement probant. J’ai écrit la sixième séquence de Moriendo du premier avril au 4 août 1981 ; pendant ces quatre mois, soixante-quatorze journées furent consacrées à l’écriture, des journées de travail dont la durée variait entre cinq et huit heures. La sixième séquence a exigé cinq cent soixante-quinze pages de brouillons, mais dans le livre elle occupe dix pages, réduites à six si on lit Moriendo dans le volume Une vie.

Roger Laporte
Ecritures
Fata Morgana, 2015
(dessins de Michel Potage, 40 p.)




mardi 20 septembre 2016

... & bottes de cuir

Magritte au Centre Pompidou
(21 septembre 2016 - 23 janvier 2017)


Joost Veerkamp (1953, Diemen, Hollande-Septentrionale, NL)



Hergé au Grand Palais
(28 septembre 2016 - 15 janvier 2017)

*   *   *

M. (1898, Lessines, Hainaut - 1967, Schaerbeek, Bruxelles-Capitale)

H. (1907, Etterbeek, Bruxelles-Capitale - 1983, Woluwe-Saint-Lambert, Bruxelles-Capitale)

vendredi 16 septembre 2016

A la question


(que personne ne me pose)


— Quelle est votre série de BD préférée ?

Je réponds (incontestablement) :



« Philémon », de Fred.

(Goggle/images)

samedi 10 septembre 2016

Je suis vivant & vous êtes mort




Philip K. Dick
16 déc. 1928 – 2 mars 1982, Santa Ana (Californie, É.-U.)


— Do Androids Dream of Electric Sheep ?


découvrant le Yi King grâce à un article de Carl Gustav Jung.

—————————————————————
En 1982, en France, la presse annonce le même
jour le décès de K. Dick et la disparition de Perec.
—————————————————————

Georges Perec
7 mars 1936 – 3 mars 1982 — Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)


— Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?


écrivant, en décembre 1976, dans sa « Tentative de description d’un programme de travail pour les années à venir », en huitième point (sur dix-neuf) :

« 8. UN ROMAN DE SCIENCE-FICTION

« Je n’en ai qu’une idée de départ mais qui m’amuse beaucoup : un monde où les lettres (de l’alphabet) remplaceraient le travail et l’argent : la vie serait une interminable partie de “scrabble”. »




mercredi 7 septembre 2016

ici



— Un atomiseur Ubik, répondit la jeune femme, est un ionisateur négatif portatif, muni d’une unité organique à haut voltage et bas ampères qu’actionne une batterie à hélium à gain maximum dotée d’une puissance de 25 kilovolts. Les ions négatifs sont l’objet d’un mouvement de rotation en sens inverse des aiguilles d’une montre qui leur est imprimé par une chambre d’accélération radicalement polarisée, ce qui leur communique une tendance centripète les amenant à s’agglomérer plutôt qu’à se disperser. Un champ ionique négatif diminue la vitesse des antiprotophases présentes normalement dans l’atmosphère ; dès que s’abaisse leur vitesse, elles cessent d’être des antiprotophases et, en vertu du principe de parité, ne peuvent plus s’assembler aux protophases engendrées par les personnes congelées en capsules cryoniques ; autrement dit les « semi-vivants ». Le résultat final est que la proportion des protophases non annulées par les antiprotophases s’accroît, ce qui se traduit – tout au moins pour un temps donné – par une augmentation dans l’émission de champ liée à l’activité protophasique ; il en découle pour le semi-vivant qui expérimente le phénomène un regain de vitalité ainsi qu’un abaissement de la sensation de froid due aux températures de congélation. Vous voyez donc pourquoi les formes régressées d’Ubik ne pouvaient pas… 
Joe dit machinalement : 
— Parler d’ions négatifs est un pléonasme. Tous les ions sont négatifs.

[…]

Je suis Ubik.
Avant que l’univers soit, je suis.
J’ai fait les soleils
J’ai fait les mondes.
J’ai créé les êtres vivants et les lieux qu'ils habitent ; je les y ai transportés, je les y placés.
Ils vont où je veux, ils font ce que je dis.
Je suis le mot et mon nom n’est jamais prononcé, le nom qui n’est connu de personne.
Je suis appelé Ubik, mais ce n’est pas mon nom.
Je suis.
Je serai toujours.



Ubik
K. Dick

source

(p. 281 et 284)

lundi 5 septembre 2016

la Véritable Histoire de Hernoul-le-Fin

Vous avez aimé


le Portrait des époux Arnolfini




Vous adorerez l’excellentissime

L’Affaire Arnolfini


(Jean-Philippe Postel
Actes Sud, nbr illustr. n&b et couleurs
2016, 160 p., 18 €)